Archive | janvier, 2014

Jour de Connerie

28 Jan

La politique du chiffre fait encore des ravages au sein de la société française. En effet, voilà des années que cette obsession mathématique souille la moindre pensée ou démonstration apportée par quelqu’un qui ne savait même pas correctement effectuer des fractions ou autres opérations en tous genres à l’âge où il balbutiait ses premières chiures d’idées. Généralement, ça part dans tous les sens: et vas y que je te balance les chiffres officiels, et vas y que je te rends la monnaie de ta pièce en t’envoyant ceux provenant de la contre-enquête officieuse, et vas y que je te jette ceux de la contre-contre-enquête commandée par le syndicat des postiers bretons supporters du Stade Rennais ; bref, je dis STOP. Cette guéguerre stupide a atteint son apogée avec la bataille « chiffres de la police/chiffres des organisateurs ou des représentants ». Trop importants pour les uns, sous-estimés pour les autres, les deux clans se renvoient coup pour coup, si bien qu’on s’attarde plus sur le nombre que sur le pourquoi du comment. Or, qu’il y ait 17 000 ou 150 000 connards qui frappent et injurient, pardon, qui défilent dans la rue un dimanche après-midi pluvieux, salissant une Bastille qui n’avait rien demandé et souillant le cadavre de Napoléon, ça en fait toujours 17 000 ou 1500 00 de trop.

Attention! Loin de moi l’idée de remettre en cause la liberté d’expression. Car oui, je vois déjà les sceptiques pointer leurs sabots usés par des heures de marche parisienne, rappelant à quel point les journalistes font bien leur travail en les savatant à 12, critiquant des libertés homologuées par le pouvoir en place (c’est vrai, quelle idée de promouvoir le droit des femmes à disposer de leur corps et aux pédés, pardon, aux homosexuels, la possibilité d’affirmer leur amour devant le représentant de l’Etat civil), défendant un « humoriste » qui désormais rêve d’envoyer son ancien compère à Buchenwald ; rappelant aux personnes de confession juive qu’elles ont tout à fait le droit se casser d’ici, arborant fièrement leur virilité pileuse en surfant allègrement sur le succès masqué des Daft Punk tout en affirmant leur suprématie hormonale et génitale, tout en militant pour un bonheur futur qui ne pourra être assuré que par le biais d’une blonde aux dents aiguisées par les saillies passées de son père, première au Front de l’opportunisme.

Non, non, non, loin de moi cette idée de bobo-gaucho incapable d’accepter un point de vue autre que le mien, sous prétexte qu’il ne sert pas mon propre petit confort de parisien gâté par la vie et auto-satisfait par mes diatribes qui n’amusent que moi et le microcosme dans lequel je vis. Je vous laisse en effet vous exprimer sur ce qui visiblement vous tient à coeur, j’écoute, puis je me permets une critique constructive et formulée de façon brillante. Ne serait ce pas là le principe même de notre démocratie et de notre République? Ah, mais j’oubliais que nous étions en dictature, socialiste qui plus est! Tellement plus efficace que n’importe quel régime russe ou asiatique, voire pire (arabe), preuve en est l’acharnement des forces de l’ordre à arrêter ceux qui ne respectent pas les règles de bienséance dans les manifestations. Salauds de Khmers!

Non, messieurs dames, si je tiens absolument à ce qu’on vous permette de revendiquer vos idées et de dégueuler sur tout ce qui vous révolte, c’est pour mieux les démolir par la suite. Vous pouvez dire ce que vous voudrez quant à mon côté donneur de leçon, j’ai été élevé depuis ma plus tendre enfance dans l’idée selon laquelle la haine de l’autre, la politique du bouc-émissaire ainsi que la violence verbale et physique ne fera que nous mener à la bêtise, dans tout ce qu’elle a de plus insignifiante et de plus brutale. Vous vous vouliez pourfendeurs de la pensée différente, vous n’êtes que la représentation de tout ce qu’on a fait de pire en matière de pensée et de détestable en matière d’humanité. Et si vous me traitez de bobo à la solde des franc-maçons, permettez moi de vous enfoncer dans vos culs de facho incultes non pas une quenelle parfumée à l’ananas chaud, mais 40 ans de combat pour le respect de la dignité humaine et de libertés individuelles.

The End, my friend.

1 Jan

En cette fin d’année, et à l’heure où les bilans en tout genre se dressent sur l’autel de nos espoirs pas si secrets pour l’année suivante, j’en profite pour adresser un dernier message à tous ceux qui ont participé, de prêt ou de loin, à la Manif pour Tous.

Vous qui avez poussé le vice (embêtant pour des catholiques) de l’intolérance jusqu’à emmener vos propres enfants lors de ces rassemblements, je rêve du jour où votre petit Pierre-Alexandre ou votre chère Marie-Charlotte vous révèlera, au cours du déjeuner familial qui suit la messe du dimanche, entre deux hosties et trois caresses de prêtres, son côté diabolique en confessant sa préférence pour tout ce qui vous semble contre-nature. De là, il se souviendra des mots que vous employiez jadis pour décrire « ces gens-là », de votre véracité quant à une ministre certes venant des îles mais bien plus cultivée que vous tous réunis, de vos insultes, du cadre étriqué et moyen-âgeux que vous lui avez imposé lorsque, haut comme trois pommes, vous le fouettiez à coups de « Notre Père » tout en l’exposant à toutes ces dérives en les enfermant dans des pensionnats où toute présence de sexe opposé était bannie.

Et croyez-moi, ce jour là, la mine réjouie et le sourire triomphant, je me mettrai à rire. A rire fort, sans aucune retenue, jubilant littéralement de votre désarroi tout en guettant le moment où vous essayerez de vous convaincre que cette personne ne peut pas être de votre sang. Et vous savez quoi? Vous l’aurez bien mérité.

Quant à tous les autres, je vous la souhaite bonne, longue, et vigoureuse. Oui, je parle bien de l’année 2014.

Bonne cuite à tous.