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A tous ceux qui espèrent, un jour, peacer droit

24 Juil

Il y a quelques jours, j’avais rendez-vous avec une vieille amie d’enfance dans le 17e arrondissement de Paris, non loin du square des Batignolles, afin de nous remémorer quelques bribes de souvenirs communs trop vite effacés de notre mémoire trop sélective. Le temps est délicieux, le soleil chatouille nos visages par ses rayons revitalisants, et c’est avec une joie non dissimulée que je retrouve Dana Ben David, sublime séfarade dont la douceur des traits n’a d’égal que son tempérament de feu. Après quelques politesses, entre échanges courtois et sincères retrouvailles, nous commençâmes à épiloguer sur nos vies respectives, tout en sirotant un succulent mojito en terrasse. Cette ancienne top modèle, numéro 1 au hit-parade de l’opportunisme, reconvertie en serveuse dans un bar branché du 5e, finit par me parler de sa famille qui vivait à Tel-Aviv. De par les trémolos qui accompagnaient ses paroles, je compris que le sujet était très sensible, ce qui paraissait évident au regard des évènements de ces derniers jours. Elle embraya ainsi sur les affrontements de la rue de la Roquette entre casseurs et juifs extrémistes, en disant qu’elle craignait pour ses cousins qui résidaient dans le coin.

« Tu te rends compte, me dit-elle, en 2014, on arrive encore à hurler en toute impunité dans la rue « mort aux juifs » ou « juifs hors de France »! C’est tellement effrayant.
– C’est vrai, c’est horrible, répondis-je en finissant mon verre. Après, il ne faut pas tout dramatiser, ce ne sont que quelques abrutis finis qui confondent la banlieue et la bande de Gaza.
– Comment tu peux leur trouver des circonstances atténuantes? renchérit-elle sur un ton légèrement plus autoritaire.
– Non, il ne s’agit pas de les excuser, mais simplement de relativiser sur la portée du discours de ce type d’individus.
– Parce que tu penses que cela n’est pas important? continua t elle en levant la voix.
– Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire également. Et puis, si la LDJ ne les avait pas provoqués…
– Pardon? Qu’est ce qu’elle vient foutre ici?
Elle avait presque crié.
– Et bien, ses membres sont venus provoquer…
– Provoquer qui? coupa t elle. Tu as vu comment tu parles d’eux? De ces barbares islamistes et antisémites notoires? Ces enfoirés qui voilent et violent à tout va? Ces dieudonnistes écervelés qui distribuent leurs quenelles comme des fraises tagadas? Mais encore heureux qu’on les a provoqués! Si ça ne tenait qu’à moi, je les aurai égorgés tous un par un comme ils le font avec leurs moutons lors de leur fête débile!
– Doucement , doucement Dana! Tu sais, on peut très bien être contre la politique de Netanyahu sans être pour autant…
– Tais-toi! vociféra t elle. Tu ne pourras jamais nous comprendre! Tu ne sais pas ce que c’est toi, de voir ton peuple persécuté pendant des années, déporté, gazé et de subir des agressions verbales ou des regards qui veulent tout dire dès que tu poses le pied dans une putain d’épicerie! Toi évidemment, t’es loin de tout ça, dans ton petit univers coupé de tout et replié sur lui même, où tu enfiles les nanas comme tu enfiles tes chaussettes chaque matin! Casse toi, je ne veux plus te voir! CASSE TOI! »
Ne voulant pas déclencher une mini-émeute dans ce café parisien, je finis par me lever tant bien que mal et m’éloignai, encore légèrement abasourdi par ce que je venais d’entendre. Moi qui voulais apporter un peu de nuance, me voilà mis dans le même sac que ces branleurs qui font tant de mal aux Palestiniens! Je me suis pris pour John Lennon fumant un joint avec Yoko Ono, à ses yeux, je ne valais pas mieux qu’un vulgaire Ben Laden faisant du bowling avec des gratte-ciels.

Je me rendis alors à mon deuxième rendez-vous de la journée, aussi tremblant que les mains de Jacques Chirac, dans ce restaurant du 9e où j’avais mes habitudes. Sur place, je retrouve Mustapha, un ami de longue date, allure de gaillard mais coeur de gros nounours rempli de bienveillance. Nous avions tout deux écumé tant de bars et avalé tant de films à la con chez lui que l’idée de le retrouver après cette déflagration me fit le plus grand bien. A mon arrivée, me voyant suer comme un boeuf, il ne put réprimer un fou rire à gorge déployée.

« Bah alors, mon coco! Tu as encore eu des ennuis avec la police?
– Pas cette fois, réussis je à articuler entre deux crachats de poumon. Je sors d’un café avorté avec Dana…
– Ah, la fameuse jolie brune! Avorté? Tu lui as fait exécuter des loopings orgasmiques?
– Même pas! Pas eu le temps. Elle est partie dans une colère noire alors qu’on discutait tranquillement du bordel israélo-palestinien…
A ces mots, son sourire se figea net et ses traits se refermèrent. Il semblait soudain très nerveux. Décelant cette drôle d’attitude, je m’interrompis avant de reprendre prudemment.
– … et lorsque j’ai évoqué les incidents de la rue de la Roquette…
– Ces enculés! coupa t il soudain en frappant la table de son poing. Ah, ces paranos, ces enflures de faux banquiers mais vrais dépouilleurs! Qu’est ce que je leur aurais mis si j’avais été là! Ils sont en train de tuer tous nos frères, nos soeurs, nos mères, nos tantes, et ils osent nous provoquer à des milliers de kilomètres de là-bas! Mais quelles vermines!
Je ne l’avais jamais vu ainsi. Le nounours s’était transformé en un grizzli déchaîné.
– Hey, Mus’, calme-toi! Je voulais simplement dire qu’on peut très bien être compatissant avec ce qu’il se passe en Palestine sans pour autant…
– Ferme ta gueule, toi! Tu lui as dit quoi? Qu’il fallait leur trouver des circonstances atténuantes? Les pauvres choux, ils se sont fait attaquer? Y a aucune raison de défendre ces youpins plein d’oseille! Assez de thunes pour bombarder tout un peuple et ça se plaint quand on riposte! Ils s’attendaient à quoi? A ce qu’on organise une partie de dominos? A ce qu’on baise après un Scrabble? Toi évidemment, t’es loin de tout ça, hein, dans ton petit univers d’enculés du système, à vous tailler des pipes en permanence! Tu me dégoûtes, barre, toi, BARRE TOI! »
Je ne me fis pas prier et me mis à dévaler la pente à grandes enjambées, encore plus abasourdi. Décidément, il fallait que j’apprenne à fermer ma gueule de temps en temps.

Une fois à bonne distance, je finis par m’assoir sur un banc du parc Monceau, m’abandonnant au relatif calme ambiant, la chemise trempée et avec l’esthétisme d’un asthmatique en pleine crise d’épilepsie. Je suffoquais et tentais tant bien que mal de retrouver mon souffle surement égaré entre deux rues, essayant de comprendre comment tout cela avait il pu bien déraper lorsque mon regard s’arrêta sur un jeune couple assis dans l’herbe. Ils ne semblaient pas bien vieux à la vue de leurs traits juvéniles et paraissaient totalement étrangers à ma rupture d’anévrisme. La jeune fille possédait un teint hâlé, ses yeux étaient d’un marron très doux et elle portait un tchador qui recouvrait uniquement ses cheveux. Le garçon qui se tenait face à elle n’était pas bien plus âgé et possédait des yeux très bleus, tempérés par les bouclettes blondes qui tombaient au niveau de ses épaules. Je cru reconnaitre une étoile de David sur une chaine accrochée à son cou. Et ils s’amusaient, se taquinaient, riaient, s’embrassaient tendrement, ne se préoccupant ni des passants, ni de la pluie qui commençait à tomber sur la ville, ni de mon asthme, ni de rien. Il était fascinant de voir à quel point ils semblaient coupés du monde, seuls avec leurs âmes, avec cette impression de n’avoir que faire de tout ce qu’il pouvait bien se passer aux alentours ou de l’autre côté de la mer. Rien ne comptait d’autre que leur tendresse, leur amusement, leur amour. Il pouvait pleuvoir des roquettes, des amalgames, des battes de base-ball ou des regards interrogateurs, gênés voir indignés, leur combinaison amoureuse les protégeait de n’importe quelle tornade. Une telle puissance se dégageait d’eux que je finis par oublier mon état de mort imminente, et je suis resté ébahi devant eux pendant de longues minutes.

Puis ils finirent par se lever, ils s’embrassèrent une dernière fois et se dirigèrent main dans la main vers la sortie. Lorsqu’ils passèrent devant moi, je ne pus m’empêcher de leur adresser un sourire qu’ils me rendirent tout deux avec des étoiles plein les yeux. Et ils s’en allèrent, surement pour rejoindre un cocon encore plus douillet. Je repris petit à petit mon souffle avant de repartir à mon tour, émerveillé et apaisé.

C’est donc aussi simple que ça? Vraiment?

War Is Over

 

 

 

 

Ne Mélenchon pas serviettes et torchons

11 Juin

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Le merveilleux pays dans lequel nous vivons, par le biais de ses habitants résidentiels ou locataires (dans lequel je m’inclus donc), a toujours eu cette étonnante capacité à générer une ambiance globalement pourrie lorsqu’il s’exprime sur des sujets qui n’en demandaient pas tant. De la grève des cheminots aux réformes présidentielles, de l’élection de Miss France au concours de l’Eurovision, de la cérémonie des Césars au salon de l’Agriculture en passant par le congrès annuel du rassemblement des catholiques pro-israéliens amateurs de charcuterie corse, chaque événement pouvant bousculer quelque peu notre routine quotidienne parvient toujours à cliver les différentes catégories de la population française, du bobo parisien au prolo provincial, construisant ainsi des minis murs de Berlin entre ceux qui encensent et ceux qui déguelent. Enfonceur de portes ouvertes et enfileur de clichés que je suis, je me retiendrais cependant d’établir un quelconque parallèle entre cette faculté et la nationalité inscrite sur notre passeport, ne voulant pas prendre le risque de me faire expulser manu militari dans une dernière et sublime valse, sachant que mes bagages sont déjà prêts pour 2017 (ne sait-on jamais), et que rien ne vous ferait plus plaisir que de me voir me faire la malle tant je vous fascine autant que je vous agace. Bref, soyez tranquilles, je dispose suffisamment de mépris et d’énergie pour vous parler de ce qui fait buzz et oups en ce moment, à savoir la Coupe du Monde de football organisée au Brésil et qui démarre dans quelques heures. Samba!

En effet, et vous comprendrez enfin où je voulais en venir au début de cet article, voilà déjà plusieurs mois que les pires langues de putes s’égosillent sur un sujet qui revient si souvent dans la bouche de tout le monde qu’il serait trop con de ne pas posséder un avis dessus, soit-il totalement guidé par les nouveaux Che Guevara du XXIe siècle, ceux qui se sentent pousser des ailes mélenchonistes et qui sont prêt à tout pour cracher sur le foot, ce sport pratiqué par des multi-millionnaires – que dis-je! Milliardaires! – écervelés courant derrière un ballon sur du gazon devant des abrutis qui ne savent même pas compter sur leur pouce. Oui, pour eux, il est clair comme de l’eau d’Alain Roche que lorsque l’on est doté un minimum de matière grise, il est inconcevable de perdre son temps à se consacrer à ce loisir générant autant de fric et qu’il vaut mieux dépenser le sien au théâtre ou pour un bon resto déserté les soirs de match. Alors quand il s’agit d’épiloguer sur les dérives de l’organisation de l’événement le plus rassembleur pour ces amateurs qui ont encore le toupet d’aimer ce sport, c’est la course effrénée, le marathon de la bonne parole et de l’indignation téléguidée!

Cela établit des barrières que même Jean-Marie Le Pen se garderait bien de franchir – lui qui a pourtant subi une ablation de la retenue -. Ca use le principe du clivage jusqu’à l’intestin grêle! On en arrive à affirmer que tous ceux qui ne souhaitent que passer un bon moment devant ce rendez-vous cautionnent les pratiques scandaleuses d’une fédération qui n’a de fédératrice que le nom et sont à jeter dans le bain bouillant le plus proche! Cela se trouve des atomes crochus avec le peuple brésilien quand ils n’ont finalement de brésilien que la caipirinha qu’ils payent 12 euros dans un bar miteux, pourtant alimenté par le trafic de stupéfiants et de putes européennes tendance-Est fraichement débarquées d’Ukraine ; cela défend les SDF maltraités et virés par les forces présentes sur place quand on sait que certains seraient prêt à débarquer avec une kalachnikov pour renvoyer celui qui mendie devant la station de métro qu’ils empruntent tous les jours. Qu’elle est belle, la mutinerie! Boycottons la Coupe du Monde au Brésil, putain! Donnons nous tous la main et fumons des joints en écoutant Saez! Renversons la Bastille, prenons l’Elysée et TF1 en otage! Mais BORDEL, qu’on les fasse tous CREVER!

Du coup, je me barricade chez moi, entouré de bières et de pizzas, le main vissée sur la télécommande et l’autre sur le MK47 que je ne sors qu’en cas d’urgence! Je paranoie un max, on est jamais trop prudent, pour peu que je sois pris en flagrant délire d’orgasme sur un but de Benzema, une caresse de Ronaldo ou un missile de Van Persie! Je mets du barbelé autour de ma télé, j’engage des gardes frontaliers allemands devant ma porte, piochés au hasard durant les célébrations du Débarquement et nostalgiques de ce temps béni où un simple bras levé suffisait pour effrayer, mais rien n’y fait, je suis aussi apeuré qu’un chauffeur de taxi devant un VTC! Je fais des rêves où l’on me brûle en place publique comme une vulgaire Jeanne d’Arc! « Approchez approchez, messieurs dames! Veuillez assister à l’exécution sommaire de ce mécréant qui a osé passer plus de 20 minutes devant Honduras-Suisse en se grattant les parties génitales dans un survêtement de la marque Nike, sombre sponsor qui participe à l’oppression d’un peuple qui demandait de l’attention sur tellement d’autres domaines! » Et c’est généralement après que le bourreau ait aiguisé sa hache sur mon cou que je me rends compte que je lisais simplement les commentaires Facebook de la page d’une vieille connaissance, qui n’a pourtant jamais été foutue de faire quelque chose de ses mains ou de ses pieds.

Alors pour que je puisse enfin me prélasser devant mon écran de télévision surdimensionné, le même qui vous permet de vous griller les neurones devant The Voice, permettez moi de vous apprendre que, oui, on peut aimer viscéralement un sport, apprécier son côté tactique, les beaux gestes techniques de ceux qui le pratiquent au plus au niveau ou même devant l’école du quartier, la joie de regarder un match avec ses amis tout en étant conscient des dérives qu’il engendre au sommet de sa hiérarchie, comme on peut apprécier de déguster des pâtes de la marque Barilla sans cautionner les propos homophobes de son PDG. Oui, je dénonce ce qu’il se passe au Brésil en tant que victime du système capitaliste, rappelant au passage que nous le sommes tous de par la marque de notre téléphone jusqu’aux chaussures que nous portons. Sachez enfin que la perspective de crier un soir de victoire sur les Champs Elysées en dévalant les pavés me fera toujours plus bander que n’importe quel épisode de Game Of Thrones. Et croyez-moi, en ces temps troublés, on aurait bien besoin d’une Coupe du Monde remportée. 

Foutoir National

26 Mai

Ce matin-là ne semblait pas différent des autres. Il avait son petit lot de rituels que l’on répète en boucle depuis tant d’années, exécutés machinalement sans que l’on y accorde une quelconque importance, des étirements presque félins aux bâillements difficiles à réprimer, du passage éclair dans la salle de bain aux fringues que l’on tente de choisir avec minutie en fonction de ce que la fenêtre nous laisse entrapercevoir. Peut-être ai-je laissé un peu plus longtemps la brise matinale caresser mon visage pour qu’elle puisse chasser les derniers vestiges de fatigue. Nous ne faisons pas réellement gaffe à ce genre de choses car nous les effectuons depuis si longtemps qu’elles semblent être devenues partie intégrante de ce que nous sommes. Elles sont là mais ne font que remplir le décor dans lequel nous évoluons. Nous n’y prêtons pas plus attention qu’aux cris des enfants dans l’école du quartier, aux voitures qui fourmillent déjà dans la rue ou à la radio qui émet en continu depuis plusieurs minutes. Cette matinée ressemblait à toutes les autres matinées qui avaient pu exister.

Et pourtant.

Comment se fait il que je me sentais particulièrement mal? La nuit de laquelle je sortais avait été certes agitée, mais elle ne m’avait pas empêcher de passer quelques délicieuses heures dans les bras de Morphée, aussi courtes furent elles. Aucun événement marquant n’était venu chambouler le cours de ma journée qui s’était facilement fondu dans une routine contre laquelle j’avais tenté de me battre pendant longtemps, mais qui me paraissait désormais bien futile. Alors pourquoi lorsque que j’arpentais les rues, je ressentais une forme de nausée qui me paralysait presque? C’était comme si une piqure d’insecte s’était logée dans ma boite crânienne et que son venin se propageait doucement à l’ensemble de mes membres. L’air que je respirais était toujours le même, en dépit de sa relative qualité à cause cette pollution citadine crasseuse, mais il semblait m’asphyxier, m’étouffer, m’opprimer. Le paysage qui défilait sous mes yeux n’avait subi aucun changement, mais tout paraissait plus triste, plus morne, comme en manque d’oxygène également. Que pouvait il se passer?

Et puis je me suis rappelé.

Je me suis souvenu du 21 avril 2002. J’avais dix ans et je venais simplement d’écrire ma première lettre d’amour pour mon amoureuse de l’époque, quand j’ai vu la figure blafarde de Jean-Marie Le Pen apparaitre aux côtés de celle de Jacques Chirac dans l’écran de télévision de mes parents. Je me souviens des cris horrifiés qui avaient retenti dans toute ma rue, de l’incompréhension de ma mère, de la colère de mon père, des larmes de ma demi-soeur, des images de ces jeunes horrifiés, comme frappés en plein ventre par la foudre démocratique et le coup de tonnerre fasciste, par la mine déconfite de Lionel Jospin qui semblait aussi blanc que ses cheveux, des hurlements de désespoir lorsqu’il annonça se retirer de la vie politique. Je savais que quelque chose de grave venait de se passer sous mes yeux, que j’assistais à un fait inédit et grave, que ce résultat allait profondément marquer ma vie et celle de beaucoup d’autres. Et puis j’ai vu la suite. J’ai vu les gens descendre dans la rue spontanément, sans avoir organisé la moindre manifestation. Nous n’en étions qu’aux balbutiements d’Internet, il n’y avait ni Facebook ni Twitter. Et pourtant, ils ont marché tous ensemble, main dans la main, solidaires, fiers, apeurés mais déterminés et animés par un espoir sublime. Ils ont hurlé leur dégoût du fascisme, leur vomissement des idées véhiculées par le Front National, de leur attachement à la République et à la France, celle des Lumières, de Jaurès, de la tolérance et de la résistance. J’avais 10 ans mais je savais que je me souviendrais toujours de cette soirée.

J’en ai 22 aujourd’hui.

Cette piqûre n’était rien d’autre qu’une piqûre de rappel. Ceux qui ont vécu cette soirée d’élections présidentielles doivent la ressentir comme moi aujourd’hui, et c’est à vous que j’ai envie de m’adresser. Alors il est inutile de chercher des fautifs, des boucs-émissaires ou des souffres-douleurs, car nous sommes tous coupables, des plus hauts gradés jusqu’aux plus dépouillés. Nous avons tous notre part de responsabilité dans ce qu’il vient de se passer, et s’il ne nous reste que nos yeux pour pleurer, nous avons toujours des jambes pour marcher, de la voix pour hurler et des poings à lever. Nous avons le devoir de battre à nouveau le pavé, de nous mettre en route pour lutter contre ce qui nous a toujours terrorisé mais qui est toujours là, simplement déguisé et édulcoré par « la fille de », afin d’empêcher son ascension. N’allez pas chercher là un quelconque discours politique car je n’ai ni les moyens de le tenir et encore moins l’envie, mais voyez cela plutôt comme un bon coup de pied au derrière de ceux qui ressentent ce bourdonnement en continu depuis hier soir.

Il y a douze ans, nos aînés disaient « plus jamais ça ». Je crains l’overdose. Alors il faudrait peut être trouver l’antidote pour de bon. En plus, j’aime pas les aiguilles.

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Sois belle et ouvre-là

17 Mar

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En ouvrant les yeux ce matin-là, après m’être enivré la veille de whisky et de senteurs féminines, oscillant entre le doux souvenir d’un baiser et celui d’un préservatif parfumé à la cerise, je réalise qu’un rayon de soleil traverse les volets mal fermés de ma chambre à coucher, rendant pour le coup la tâche qu’est le lever un peu moins difficile qu’à l’accoutumée. Je me résous dans un premier temps à prendre une douche, afin de laver les preuves de mon alcoolisme pourtant tout sauf anonyme, puis je chasse d’un revers de la main mes derniers signes de fatigue, enfile quelques vêtements visuellement accessibles et sors humer l’air pourtant pollué d’un matin d’été indien retrouvé. Ca sent bon les discussions stériles en terrasse des cafés, les débats interminables sur le dernier Beigbeder allongé sur les quais, le rosé que l’on boit accoudé sur le dos d’une serveuse, bref, il fait tellement beau que pour la première fois depuis 1924, je décide de prendre le métro! Délaissant mon chauffeur privé surement épuisé par les trente mille trajets que je lui demande d’effectuer, entre le Montana et mon 500 mètres carrés parisien, j’entre dans la rame et m’assieds sur le premier strapontin qui passait par là. C’est à ce moment précis qu’en relevant la tête et en regardant autour de moi, j’ai pu constater que ce qui ressemblait, à première vue, à une hallucination purement dictée par mon esprit malade était en réalité tout sauf un mirage: non d’un cul, aucune jupe à l’horizon. Pas l’ombre d’UNE!

Me frottant les yeux, pris de vertiges, je sortis à l’arrêt suivant puis me précipitai hors de la station afin de pouvoir tranquillement balader mes yeux à défaut d’une main sur ces merveilleux tissus que ces divines créatures ressortent dès les premiers rayons de soleil apparents. Sauf qu’encore une fois, mon regard caché par la teinture de mes verres ne trouva en retour que de vulgaires jeans même pas slims, des baskets qui rendraient Kate Moss aussi baisable qu’un lévrier afghan, des pulls à col roulés alors qu’il fait 24 degrés, j’ai même vu des burquas habiller les plus beaux modèles du quartier! Je me mis alors à dévaler la rue, aussi effrayé qu’un enfant ayant perdu son doudou et même prêt à me réfugier sous les jupons de ma mère pour être rassuré, mais rien à faire, les jambes de ces demoiselles sont aussi couvertes qu’un court de Wimbledon en cas de pluie.

Arrivant près d’un kiosque, essoufflé et me retenant de cracher mes trois poumons (conséquence miraculeuse d’une intoxication aux particules de pollution)  je constatai que la une des journaux traitait du même sujet, et c’est avec stupéfaction que j’appris que par un décret exceptionnel, l’usage de la jupe et de toute autre tissu suggestif venait d’être interdit pour violation des moeurs et des consciences! En effet, lassées d’être les victimes permanentes de l’incapacité de certains hommes à contenir leurs pulsions, les femmes des 28 principaux courants féministes, celles de l’association des catholiques à tendance lesbienne, Christine Boutin et une ancienne prostituée bulgare toxicomane aujourd’hui reconvertie dans la fabrication de pâtes alimentaires, à force de lobby et de pression, ont fait adopter ce décret dans l’urgence, sous l’impulsion de Tristane Banon, victime de sa 2451e tentative de viol. C’est ainsi qu’une bonne partie de la gente masculine se retrouva dans l’obligation de passer de l’autre côté, celui de la découverte de nouvelles contrées, et que le taux de natalité de la France fut réduit à néant dans les trois jours qui suivirent.

C’est à ce moment là que je me suis réveillé, en panique, des perles de sueur dansant encore la salsa sur mon front luisant et brûlant, tremblant de tous mes membres et suffoquant au souvenir de cette horreur nuitée. Je m’aperçus alors que les rayons de soleil de mon cauchemar étaient bien réels et que grâce à eux, mon esprit s’était remis en ordre de marche. Encore sous le choc, je me suis levé non sans difficulté, j’ai ouvert la fenêtre d’un geste fébrile pour constater que ma voisine du 4e bronzait sur sa terrasse, cheveux au vent et jupe jusqu’à mi-cuisse. Poussant un soupir mêlant soulagement et plaisir visuel, je m’éloignai de la balustrade, me rallongeai sur mes draps souillés par mes angoisses nocturnes et réprimait avec difficulté un large sourire qui s’étala le long de mon visage. J’allais encore pouvoir me délecter de ces jambes interminables qui alimentent mes fantasmes, allument mon désir et rivalisent avec n’importe quel film érotique des années 80. Et je me suis dit: heureusement que ma discrétion, mon self-control et mon respect de la gente féminine (mais si, mais si!) me sauvent de cette interdiction totale qui avait structuré mon rêve. Ah! Si seulement tous les hommes me ressemblaient…

Ellen et les garçons

26 Fév

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Devant le succès quasi Gravitien de ce blog, je me vois dans l’obligation pour les semaines à venir de m’imposer une véritable hygiène de travail, à base de poudre blanche et d’exercices de doigté en tous genres afin d’augmenter la fréquence de ces billets, dont l’aisance stylistique m’a permi de racheter la virginité médiatique de Julie Gayet vendue aux enchères. Cela étant, vous vous êtes sans doute aperçu, brillants lecteurs que vous êtes, que je fonctionnais à l’instinct, à la réaction plutôt qu’à la prise d’initiative, et que beaucoup de mes écrits faisaient écho à des choses qui m’avaient marquées, contre lesquelles je m’embourbais dans des lignes diverses et variées afin d’exprimer mon point de vue qui n’est autre que celui d’un cyber-branleur qui n’a même pas encore un quart de siècle. Or, à l’heure où Le Nouvel Observateur s’inspire de Closer (et non l’inverse), les faits d’actualités se succèdent à un rythme aussi effréné que celui d’un cycliste italien, si bien que ce qui nous interpellait la veille est vite remplacé par une nouvelle indignation reprise en boucle par l’ensemble des médias et d’une toile avide de sang et de chair. Comment voulez vous que le jeune surdoué que je suis s’y retrouve entre toutes les activités qu’il exerce? C’est un coup à finir interné en hôpital psychiatrique avec Dieudonné! Oui, pardonnez moi d’avance si cet ancien humoriste à la peau burinée par le soleil des îles et le cerveau brûlé par la bêtise revient tel un gimmick dans mes futurs billets, mais il faut bien que je me fédère un public ET des détracteurs.

Ainsi, en me creusant la cervelle (ce qui est plus pratique que sa tombe) sous vos yeux fatigués par des heures de visionnage de vidéos à la con, je m’aperçois que je risque de vous user jusqu’à l’écoeurement satirique à force de me prendre pour je ne sais quel pamphlétaire moderne. Je m’apprêtais donc à user mes doigts d’une autre façon lorsque je reçus un coup de téléphone. Il s’agissait d’une connaissance dont je partageais à la fois les goûts musicaux, littéraires et féminins, ce qui a pu parfois nous amener à nous défoncer la gueule à coups de flashballs.
 » Matthieu! me sanglota-t il, des trémolos dans la voix. C’est la CATASTROPHE. Ellen Page est gouine!
– Pardon? lui rétorquais-je, estomaqué.
– Tu m’as bien entendu. Elle l’a annoncé cette nuit lors d’un discours pour lutter contre l’homophobie.
– Tu en es absolument sûr? Elle était peut être simplement contente d’être là!
– Roh mais oui! Certes, je maitrise l’anglais aussi bien que Jean-François Copé maitrise la sincérité, mais je t’assure que j’ai bien compris ses dires.
– Bordel…
– On va devoir tout annuler. La demande en mariage, les vacances à l’Ile Maurice, le chalet à Genève, le riad à Marrakech, et du coup notre proposition de loi pour légaliser la polygamie en France. C’est foutu, tout est tombé à l’eau ce soir. »
A ces mots, j’ai raccroché, l’esprit embué par la déception et du désespoir plein mes joues. Ellen Page, les yeux de biche, le sourire timide mais tellement craquant, le génie dans « Juno », l’intensité dans « Inception », prend donc plus son pied sous les coups de langue de ses homologues féminines que sous les coups de rein de ses admirateurs les plus fidèles. Une voix remplie d’émotion et un simple discours de plusieurs minutes auront donc suffit à mettre fin aux rêves de toute une communauté. Une sincérité à fleur de peau, des mots pesés et choisis avec minutie, ce sont 20 minutes de tendres confessions et porteuses d’espoir qui ont fait le tour du monde en bien moins de 80 jours.

Tant pis, ma chère Ellen. Nous n’élèverons pas ensemble Julian et Lou, nos progénitures aimées dont le talent résultant du mélange de leurs géniteurs ne profitera à aucune académie. Nous ne construirons pas non plus ce loft New Yorkais surplombant Times Square et cachant nos désirs secrets, comme nous ne nous engagerons pas sur le terrain de la défense des dernières causes humanitaires à la mode. Tu continueras ta carrière d’actrice talentueuse tandis que j’épiloguerai de ma plume sur mes désirs refoulés de me taper ma petite soeur imaginaire dans une cave de Budapest. Sache simplement que ton courage, ta sensibilité et ta beauté, qui ont déchainé les commentaires de ceux qui refoulent tant bien que mal leur haine et leur incompréhension face à la différence, ont fait du bien à des milliers de personnes, homos comme hétéros. Et oui, tant pis pour le reste. De toutes façons, je n’aime pas le ski.

Les effets indésirables du mélange des genres ≠

13 Fév

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Cher Nicolas Ungemuth,

Vous avez longtemps été une sorte d’idole pour moi. En effet, lorsque j’écrivais encore sous placenta mes premières élucubrations shouté au Prozac, vous pavaniez fièrement votre plume dans ce magazine dont je tairais le nom (qui parle beaucoup de rock et de folk) et je me délectais à chacune de vos satires, jouissant de vos attaques acérées de maître dans l’art du démontage en règle. Je trouvais qu’il était fort intéressant et réjouissant de descendre littéralement un groupe, oui, moi (!), homme méchant que j’étais et surtout jaloux de tous ces artistes qui réussissaient à faire parler d’eux dans tous les magasines possibles et imaginables, tandis que le mien ne réussissait qu’à se produire à la MJC de Levallois-Perret. J’attendais votre article comme un catholique attendait le retour de Jésus parmi les siens, comme la pute attendait le joueur de football, comme la rockstar attendant l’overdose, et c’était avec jubilation que je recommandais vos papiers à tout mon entourage.

Qu’il me parait loin, maintenant, ce temps béni où je vous trouvais amusant. Car aujourd’hui, j’ai fini par me lasser de vos diatribes assassines, peut être car j’ai fini par développer à mon tour un esprit critique et que l’enculage de groupes qui essayent simplement de faire de la musique ressemble fort à un enculage de mouches. Vous êtes devenu une sorte de parodie de vous même, si bien que mêmes les odes au Jack Daniels de votre confrère Patick Eudeline me semblent désormais plus prenantes, et dieu sait que je n’aime pas le whisky, m’étant moi-même sodomisé le foie à 15 ans. Vous avez même poussé le vice jusqu’à écrire pour Le Figaro, comme si vous vouliez vous démarquer de toute cette presse qui parfois encense un peu trop les artistes méconnus, ce dont je veux bien convenir, mais bordel… Le Figaro, quoi! Critique rock dans le Figaro! Ne trouvez vous pas ces termes oxymoriques? C’est comme si Miley Cyrus décidait de partir en campagne pour défendre le sort des moines dans les abbayes de Westminster. Et dernièrement, votre dernière victime était le groupe Fauve ≠, cible idéale pour tous les assoiffés de sang prêt à vomir sur leur propre mère eut elle le malheur d’être en couv’ des Inrocks.

Mon cher Nicolas, je passerai très vite sur vos arguments tant leur pauvreté n’a d’égard que leur facilité (bouh, ils ont du succès, bouh, ce sont des bobos, bouh, les bobos les aiment, bouh, leur musique est déprimante, bouh, les Daft Punk c’est de la merde, bouh, leur signe est trop ridicule, bouh, regardez tous les gens qui les détestent sur les réseaux sociaux, bouh, bouh, bouh!). D’ailleurs, libre à vous de ne pas aimer Fauve ≠, ni Woodkid, ni tout ce qui a du succès en général ou suscite un buzz parfois disproportionné dans les médias. Simplement, quand on se réclame critique musical, écrivant de plus dans Le Figaro, ce qui d’ailleurs vous fait employer un vocabulaire rempli de poncifs que même Jean-François Copé aurait renié, lui qui a pourtant subi une ablation de l’intelligence ; bref, on est en droit d’attendre de vous une critique constructive sur l’essence même de la musique du groupe en question et non pas un crachat finalement convenu en prenant les paroles les plus crues de leurs chansons, les commentaires remplis d’intelligence qui pullulent sur les réseaux sociaux (putain, le nombre de fans de Dieudonné qui usent leur doigt pour défendre l’indéfendable!) et par la suite de jouer les vierges effarouchés quand des fans parfois trop virulents vous traitent de « haterz », comme vous l’écrivez si bien à peu près toutes les deux lignes pour nous montrer que vous êtes encore dans le coup. Mais nous ne sommes pas dupes, vous savez. Ces personnes ont également le droit d’afficher leurs préférences sans pour autant être considérées comme des bobos aux goûts de chiottes qui écouteront l’inverse de leur playlist actuelle l’année prochaine. Et pour le coup, c’est vous, cher Nicolas, qui prenez les consommateurs pour des jambons.

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Jour de Connerie

28 Jan

La politique du chiffre fait encore des ravages au sein de la société française. En effet, voilà des années que cette obsession mathématique souille la moindre pensée ou démonstration apportée par quelqu’un qui ne savait même pas correctement effectuer des fractions ou autres opérations en tous genres à l’âge où il balbutiait ses premières chiures d’idées. Généralement, ça part dans tous les sens: et vas y que je te balance les chiffres officiels, et vas y que je te rends la monnaie de ta pièce en t’envoyant ceux provenant de la contre-enquête officieuse, et vas y que je te jette ceux de la contre-contre-enquête commandée par le syndicat des postiers bretons supporters du Stade Rennais ; bref, je dis STOP. Cette guéguerre stupide a atteint son apogée avec la bataille « chiffres de la police/chiffres des organisateurs ou des représentants ». Trop importants pour les uns, sous-estimés pour les autres, les deux clans se renvoient coup pour coup, si bien qu’on s’attarde plus sur le nombre que sur le pourquoi du comment. Or, qu’il y ait 17 000 ou 150 000 connards qui frappent et injurient, pardon, qui défilent dans la rue un dimanche après-midi pluvieux, salissant une Bastille qui n’avait rien demandé et souillant le cadavre de Napoléon, ça en fait toujours 17 000 ou 1500 00 de trop.

Attention! Loin de moi l’idée de remettre en cause la liberté d’expression. Car oui, je vois déjà les sceptiques pointer leurs sabots usés par des heures de marche parisienne, rappelant à quel point les journalistes font bien leur travail en les savatant à 12, critiquant des libertés homologuées par le pouvoir en place (c’est vrai, quelle idée de promouvoir le droit des femmes à disposer de leur corps et aux pédés, pardon, aux homosexuels, la possibilité d’affirmer leur amour devant le représentant de l’Etat civil), défendant un « humoriste » qui désormais rêve d’envoyer son ancien compère à Buchenwald ; rappelant aux personnes de confession juive qu’elles ont tout à fait le droit se casser d’ici, arborant fièrement leur virilité pileuse en surfant allègrement sur le succès masqué des Daft Punk tout en affirmant leur suprématie hormonale et génitale, tout en militant pour un bonheur futur qui ne pourra être assuré que par le biais d’une blonde aux dents aiguisées par les saillies passées de son père, première au Front de l’opportunisme.

Non, non, non, loin de moi cette idée de bobo-gaucho incapable d’accepter un point de vue autre que le mien, sous prétexte qu’il ne sert pas mon propre petit confort de parisien gâté par la vie et auto-satisfait par mes diatribes qui n’amusent que moi et le microcosme dans lequel je vis. Je vous laisse en effet vous exprimer sur ce qui visiblement vous tient à coeur, j’écoute, puis je me permets une critique constructive et formulée de façon brillante. Ne serait ce pas là le principe même de notre démocratie et de notre République? Ah, mais j’oubliais que nous étions en dictature, socialiste qui plus est! Tellement plus efficace que n’importe quel régime russe ou asiatique, voire pire (arabe), preuve en est l’acharnement des forces de l’ordre à arrêter ceux qui ne respectent pas les règles de bienséance dans les manifestations. Salauds de Khmers!

Non, messieurs dames, si je tiens absolument à ce qu’on vous permette de revendiquer vos idées et de dégueuler sur tout ce qui vous révolte, c’est pour mieux les démolir par la suite. Vous pouvez dire ce que vous voudrez quant à mon côté donneur de leçon, j’ai été élevé depuis ma plus tendre enfance dans l’idée selon laquelle la haine de l’autre, la politique du bouc-émissaire ainsi que la violence verbale et physique ne fera que nous mener à la bêtise, dans tout ce qu’elle a de plus insignifiante et de plus brutale. Vous vous vouliez pourfendeurs de la pensée différente, vous n’êtes que la représentation de tout ce qu’on a fait de pire en matière de pensée et de détestable en matière d’humanité. Et si vous me traitez de bobo à la solde des franc-maçons, permettez moi de vous enfoncer dans vos culs de facho incultes non pas une quenelle parfumée à l’ananas chaud, mais 40 ans de combat pour le respect de la dignité humaine et de libertés individuelles.